09 janvier 2008

entre nous

Lui Si tout l’monde il est ça, il est un peu vas-y !

Elle Qu’est-ce que tu racontes ?

Lui J’sais pas ! C’était écrit sur le mur des chiottes !

Elle T’as le temps de lire, toi, aux chiottes ?

Lui Y’avait aussi écrit : le cœur des usines ne s’est pas trempé dans le bruit des astres ! Et aussi : faut pas oublier Daniel et Kristof... parce que vous allez voir !

Elle Je demande que ça... en attendant de comprendre !
Lui Bon, y’avait aussi écrit, comme un peu partout ailleurs, un texte, je sais plus lequel, signé : Les Cénobites Tranquilles !

Elle Avec leur plume... c’est normal que les mecs écrivent...

Lui C’est marrant que tu parles de plume...

Elle Si tu préfères la musique, je peux te jouer un air de flûte !

Lui Non ! J’allais te demander si tu préfères pas les marteaux-piqueurs !

Elle C’est ça, vas-y ! Enfonce de nouveau le clou !

Lui Qu’est-ce que tu veux, faut bien varier les plaisirs... on peut pas pisser tout le temps !

05 janvier 2008

Achille

Lui C’est quoi ton tendon d’Achille à toi ? Ah oui, c’est vrai, que je suis bête ! C’est le coeur bien sûr ! T’as le tendon d’Achille dans le cœur toi, hein ?

Elle J’te vois venir toi ! Pourquoi tu le dis pas tout de suite que j’lai dans le cul mon tendon d’Achille !

Lui Je te trouve un peu tendue ce soir ! Qu’est-ce que tu as ?

Elle C’est Achille qui m’travaille !

Lui Achille ? Qui c’est celui-là ? Tu m’en as jamais parlé !

Elle J’te parle du tendon d’Achille, eh connard !

Lui Le tendon d’Achille... Ah oui, excuse-moi !

Elle En tous cas, ton tendon d’Achille à toi, il est pas difficile à trouver ! Plus jaloux que toi, tu meurs !...

26 novembre 2007

tu sais quoi ?

Elle You know what ? I love you, man...
Lui C’est normal !
Elle Ah oui ? Parce que t’es le plus beau, ou le meilleur au pieu ?
Lui J’le suis pas ?
Elle Ca c’est une question qu’elle est bonne...
Lui J’le suis pas ?
Elle Par rapport au peu d’hommes que j’ai eus, t’es dans la bonne moyenne, voire un peu au dessus peut-être. Non... en fait, je dis pas la vraie vérité.
Lui Sur le peu d’hommes, ou sur la moyenne, ou sur le "un peu au dessus" ?
Elle Sur les deux derniers.
Lui Donc, tu n’as eu "qu’un peu" d’hommes ?
Elle Joue pas au con, tu le sais très bien.
Lui Et à partir de combien, ça serait "beaucoup", ou en tout cas suffisant, pour que ça dépasse "un peu" ?
Elle Disons que ça serait... le double ! Mais tu sais, avant de te connaître, je crois que j’aurais répondu que j’en avais eu suffisamment.
Lui Ca doit être parce que tu sais que moi, j’en ai eu le double... Ca te rend jalouse ?
Elle Jalouse du nombre ? Non. Mais j’aurais aimé te connaître à cette époque-là.
Lui Pourquoi ? Tu crois que j’étais différent ? Mieux que maintenant ?
Elle Non, je ne pense pas. Mais on aurait pu vivre les mêmes choses au même moment...
Lui Et alors ? Ca ne nous ferait quand même pas le même âge ! Mais c’est vrai, t’as un peu raison... vu le nombre de femmes que j’ai eu, que puis-je faire d’autre que de te souhaiter à toi aussi le double de ce que tu as eu ! C’est la moindre des choses, très chère !
Elle Ce que j’aurais aimé, c’est d’avoir été plus jeune, sans enfants, et que nous ayons vécu ensemble, en même temps, ces aventures que nous vivons maintenant.
Lui Les enfants te gênent tant que ça ?
Elle Je te reconnais bien là ! Tu sais très bien de quoi je cause, idiot !
Lui De toutes façons, quoique tu fasses, j’en aurai toujours le double d’avance, puisque ce que tu vivras désormais, je le vivrai aussi ! Tu ne pourras me rattraper qu’après m’avoir quitté !
Elle J’aurais aimé que nous ayons eu ensemble ces enfants que nous avons eus avec d’autres.
Lui Et bien moi... non... je ne regrette rien...
Elle La baffe !...
LUI La baffe ? Quelle baffe ? Parce que ce serait t’aimer plus, que de vouloir un enfant de toi ? L’enfant serait-il la preuve suprême de l’amour ?
Elle Arrête de déconner ! Si on avait eu des enfants ensemble, ça voudrait dire qu’on aurait été jeunes ensemble. Mais maintenant, le temps, je l’ai encore moi, mais toi, ta jeunesse est derrière toi. C’est celle-là que j’aurais aimé partager. J’aime aujourd’hui que tu partages mes aventures, mais j’aimerais que des aventures t’arrivent pour pouvoir les partager !
Lui Tu sais, c’est drôle ! A l’époque où j’ai vécu ces aventures, leur nombre me semblait dérisoire. Aujourd’hui encore, j’ai le sentiment d’avoir manqué, d’avoir raté tellement d’occasions ! C’est bizarre comme je suis en même temps, tellement comblé de toi comme aucune ne m’a jamais comblé, et tellement en manque qu’il y en ait si peu comme toi !
Elle Que répondre ? Dis-moi encore comment je suis...
Lui Tu es celle qu’il faut avoir rencontré pour que la valise au moment de partir de l’autre côté soit suffisamment pleine pour un très long voyage ! Tu es le livre que je relirais jusqu'à ma mort sur une île déserte !
Elle C’est drôle, quand tu me parles de moi comme ça, ça me donne une envie folle de toi, et en même temps, une envie folle d’audaces, de folies, une envie d’autres hommes... et toutes ces choses qui étaient en moi, à l’état de fantasmes, deviennent tout à coup des envies à réaliser en ta compagnie.
Lui Qui se ressemble s’assemble ! ou... qui s’assemble finit par se ressembler ?
Elle Dis donc, toi, t’aurais pas une petite faim... toi aussi ?

21 novembre 2007

ils se mettent à table

Lui Allez ! Raconte-moi quelque chose qui me fasse penser à tout autre chose qu’à tout le reste !
Elle Tu veux que j’te raconte l’histoire de la table rouge et de la chaise en bois ?
Lui Vas-y !
Elle Ben voilà : c’est une table rouge, carrée, en formica. Et un jour elle en a marre qu’on lui pose sans cesse dessus des tasses, des verres et des cendriers. Alors elle échafaude un plan pour s’enfuir...
Lui C’est toujours comme ça ! Dans les zhistoires et dans la vie aussi ! Y’en a toujours un ou une qui en a marre et qui cherche à s’enfuir ! T’as pas autre chose ?
Elle J’peux aussi la fermer et te laisser ruminer tout le reste... faudrait savoir c’que tu veux, mec !
Lui Dis donc toi ! Tes enfants t’ont jamais dit que ton histoire de ce soir elle est merdique maman ?
Elle Les enfants non, mais par contre des mecs oui !
Lui Allez, maman, une autre s’il te plaît ! J’dirais plus rien ! Tu pourrais dire que la table en formica, comme elle était pas de bois, la chaise lui faisait de l’effet !
Elle C’est un peu ça. En fait, un jour, cette fameuse table se rend compte que la chaise se tortille sur ses pattes en gémissant. Alors bien sûr, comme elle est curieuse, elle lui demande ce qui se passe. Normal, entre potes de bistrot !
Lui Ca va pas marcher ! La chaise va pas oser déclarer son amour comme ça, de but en blanc, et ça va durer, durer... ça va nous faire attendre pour rien !
Elle T’as tout faux, mec ! C’est la table qui tombe amoureuse de la chaise...
Lui C’est pas logique ! Réfléchis un peu : de par sa taille de chaise, la chaise est plus petite que la table ! Elle est donc placée en dessous, et de là, elle peut tout voir !
Elle Mais c’est à cause de c’qui y’a dessus que l’histoire démarre !
Lui Bon ! J’ai rien dit ! Vas-y, continue !
Elle Non, maintenant j’ai plus envie ! T’as qu’à te démerder tout seul !
Lui Tu sais que t’es chiante toi ! Tu joues vraiment trop perso !
Elle Je joue perso, moi ? Ca fait une heure que tu m’emmerdes à m’demander une histoire pour me dire ensuite qu’elle est chiante ? Et c’est moi qui joue perso ? Puisque c’est comme ça, j’rentre chez moi et j’me les raconte toute seule, mes zhistoires ! Monsieur veut que j’le distraie puis il m’envoie chier. Non mais pour qui il s’prend, ce mec ?
Lui C’est ça ! Barre-toi ! C’est plus facile que de me parler vraiment hein ! Et quand tu parles, c’est pour parler toute seule ! C’est bien toi, ça !
Elle Tu sais c’est quoi le blème avec toi ? C’est que depuis que j’suis avec toi, je peux plus en placer une sans que tu me coupes ! T’es qu’un castrateur de merde !
Lui Avec toutes les conneries que tu débites, si j’te coupais pas, on aurait retapissé l’appart depuis longtemps. Heureusement que je suis là pour élever un peu le débat !
Elle Non mais attends ! Tu t’es entendu là ? Alors j’suis qu’une conne pour toi ?
Lui En tous cas, si t’es pas une conne, tu la joues bien ! Alors j’vois pas pourquoi moi j’aurais pas l’droit de jouer au con aussi !
Elle Ok ! Pouce ! On arrête !... Dis, raconte-moi une histoire, pour me faire oublier tout ça !

10 novembre 2007

petite scène écrite pour "Harcèlement textuel" en 1997

ELLE
Faudra t'y faire, j'suis comme ça, j'y peux rien. Et je ne veux pas changer.
LUI
Je ne te demande pas de changer. Juste de faire un effort !
ELLE
Ah ! Voilà le grand mot de lâché. Un effort. Et pourquoi, s’il te plaît ?
LUI
Parce que tu m'aimes.
ELLE
Je ne vois pas le rapport. Je t'aime, donc je dois faire un effort. Comprend pas.
LUI
Mais si. Tu m'aimes, donc tu veux que je t'aime aussi !
ELLE
Mais tu m'aimes déjà !...
LUI
Oui, mais je t'aimerais davantage si...
ELLE
Parce que tu quantifies ton amour, maintenant. C'est du propre, ça ! Non mais voyez-vous ça. Monsieur me mesure son amour, c'est sa dernière trouvaille.
LUI
Ne dis donc pas de bêtises. Je ne mesure rien du tout. Mais reconnais que tu exagères, tout de même.
ELLE
Moi ?
LUI
Ne fais pas l'innocente, tu sais très bien de quoi je parle.
ELLE
Ah bon ?
LUI
D'après toi, on n'a pas fait l'amour depuis combien de temps ?
ELLE
Aucune idée.
LUI
Moi je sais. Exactement 23 jours.
ELLE
Et alors ?
LUI
Et alors moi j'en peux plus. Je t'aime, mais je ne vais pas tenir longtemps comme ça. C'est pas une vie. Trois semaines sans te toucher, je vais exploser si ça continue !
ELLE
Mais de quoi tu me parles, là ? D'amour ou de vidange ? Si t 'as besoin de te soulager, tu prends ta main et tu t'occupes de toi, c'est pas compliqué. T'as pas besoin de moi pour ça. D'ailleurs, vu le peu de temps qu'il te faut pour te vider, je vois vraiment pas à quoi je te sers. Une poupée gonflable ferait l'affaire. Maintenant tu m'excuses, mais je vais prendre une douche. Je sors ce soir.